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  • Boule de feu

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  • A coeur, et "à mains nues" Alina Reyes

    Ne vous inquiétez pas Alina, ce que vous écrivez regorge de bontés et de don de soi, ce dont moi-même je ne serais pas capable. Que tous ceux qui vous critiquent, essaient au moins une fois d'en faire autant...

    Je ne connais que trop la difficulté d'enfanter les mots... C'est le cas de le dire. Je lis votre livre, et j'apprécie beaucoup, il n'y a pas de surfait. Brut de pomme, voilà la sauvageonne qui tourbillonne...ra longtemps.

  • Action...

    fleur, orchidée, mots, littérature, amour, vieCertains moments de notre vie sont plus difficiles à vivre que d'autres, là-dssus, rien de nouveau sous le soleil, sauf que je nage en plein dedans. Je ne sais quoi écrire, inspiration qui soupire et par extension mal-être introduit dans le cœur et dans l’esprit. Mon âme, elle, reste intacte. Mois de janvier morose, fatigue chronique assurée. Mais…

    Je revenais de ma promenade champêtre, juste une heure pour respirer à plein poumons l’air pur qui s’offre à moi. Les chemins boueux et escarpés, m’ont remis sur pieds. Alors je m’assoie, devant le clavier et je commence à taper sur les touches, il le faut, sinon, sensation d’étouffer, feu dans ma tête, tempête sur ma vie. Je signale au passage, qu’aucun fait particulier ne s’est produit. Tout est comme d’habitude. Peut-être trop. Petite flamme de mon moi profond, pas vraiment éteinte, alors ? Il est temps de se mettre au clavier comme un pianiste faisant ses gammes. Je le dois à mes visiteurs, et aussi à moi-même. Ne pas perdre l’estime de soi, pour continuer sur la route des bons sentiments, et se dire qu’après tout, d’autres souffrent beaucoup plus que soi. C’est peut-être la raison de ce mal-être intrinsèque. Trop de mauvaises nouvelles sur la planète terre, je suis fragile, jusqu’à l’autodestruction, mais non, ça c’était avant. Aujourd’hui le ciel est bleu, le soleil plus vaillant que jamais, mes animaux me rendent tout l’amour que je leur porte, mari impeccable. Donc, je n’ai qu’à sourire, allez,  pendant que j’élucubre, je vais écouter un peu de belle musique, celle qui vous transporte, incandescente et lumineuse, besoin d’accords, de beaux accords. Brahms me tient compagnie. L’opus numéro 2 joué par Rubinstein reflète mon état, cette humeur qui me rend maussade. Ce qu’il y a de bien avec la musique classique, c’est qu’on ne s’attend jamais à ce qui va suivre, allegro, vivace, ou crescendo ?

    Tout est beau, calme, silencieux, la vie est au repos. Les souvenirs de mes rêves sont encore là, je revois ma grand-mère chaque nuit, c’est terrible, mais c’est la vie, et c'est la seule que l’on nous propose. Infini, pas garanti du tout. Point final. Je me bats avec mes idées anthracite avant qu’elles ne soient complètement noires. Pas de désespoir, mon tour viendra. Voyez comme je suis mal, j’essaie de vous faire croire que je vais mieux, mais je ne sais pas mentir, pas même par omission !

    Je me laisse porter, cadencée par le piano, avec ses bas, avec ses hauts. La maison sent bon le papier d’Arménie, son odeur est plus raffinée que celle de l’encens. Je suis moi, une parmi tant d’autres… Je passe sur l’Opus de Brahms, il n’est pas plus joyeux que moi. Jean-Sébastien Bach, voilà, c’est lui qu’il me faut. Clavecin, flûte traversière, violon, de la joie enracinée dans les siècles des siècles.

    Je pense et repense à la vie, à la vieillesse si vulgaire, comme l’a dit une actrice, mais que peut-on faire ? Un jour ou l’autre, il faut laisser le temps et ses traces aller au gré de la vie. Ne pas se battre contre des moulins à vents, non, Don Quichotte était de la Manche, moi je suis de Marseille. J’ai rêvé ma ville toute la nuit, lorsque je sortais tard, très tard dans la nuit, ivre d’enfers véritables… (Paradis artificiels). Elle a bien changé cette ville où je fus, où je grandis, je ne la regarde plus sous les mêmes cieux. Que reste t-il de tout ce qui fut mon enfance ? Des rues à l’odeur nauséabonde, là où les bobos ont fait leur nid. Je ne retournerai jamais habiter Marseille, fini, the end. Les souvenirs sont comme du bois mouillé, ils existent mais ne sont plus combustibles, ils ne se mêlent plus à ma mémoire. J’ai mis le feu à mes annales, j’ai dit que la vie c’était ici, dans la Drôme, magnifique contrée aussi sauvage que moi. Rude, mais belle, verdoyante, à souhait, programme bien-être assuré. Juste un effort et je souris, voilà, je ris même… Bach a ce pouvoir, ou est-ce l’écriture, le fait de me réinventer  me fait avancer aussi vite que le vent, à la mesure du clavecin qui bat la chamade de mon coeur. Je suis heureuse, voilà, ce n’était pas plus compliqué. Il m’a fallu un peu de volonté, de jolies images devant mes yeux et un cœur battant au rythme de la musique. C’est le Brandebourg Concerto auquel je dois l’amélioration de mon humeur. Et puis ce pouvoir "orgasmique", celui des mots bien balancés, à mon humble avis, des phrases à croquer comme on croquerait dans la pomme interdite. Mais peut-être me trouverez-vous prétentieuse ? Que nenni ! Ce serait plutôt le contraire, mon mari me dit que je ne suis jamais sûre de moi, il a raison. Je ne suis que lorsque j’écris, lorsque je crée, je l’ai déjà dit. Imaginative, mon esprit embarrassé a disparu, je suis bien, vraiment bien, aucun besoin de s’en persuader. Je cesse un instant d’écrire, sors, embrasse mes peluches vivantes, elles semblent heureuses, je les aime, tout va mieux. Mon époux arrive avec un bouquet de fleurs à la main, il est merveilleux, autant que l’orchidée rose pale à l’anthère fuchsia, qu’il vient de m’offrir. Contempler les boutons de la plante jusqu’à la déhiscence. Oublier les côtés frustes de l’existence, avancer vers le bonheur, ouvrir les yeux, ouvrir son cœur, aimer la vie, aimer ceux qui n’ont de cesse de vous voir heureuse. Voilà ma chance, je la saisis, en plein vol, je caracole et cabriole vers la lumière bienveillante de tous ceux qui m’enchantent.


    Nota bene : Mon époux a souhaité que je signe mes photos, mais l'art, tel qu'il soit, n'appartient à personne, donc, si elles sont publiées, c'est pour vous les faire partager...

  • Balade au clair de l'eau...

    photo,balade,nature,vie,paysage,soleilProfitant d’un soleil répandu sur la plaine et bien que le froid fut en faction, rien n’aurait pu me retenir à l’intérieur. Après m’être répandue en caresses et en baisers sur les petits -êtres qui, eux vivent à l’extérieur tout temps confondus, réchauffés par leur toison, variant selon la saison. En ce moment, le poil des chevaux formait une épaisse couverture de fourrure. Ils ressemblaient à de gros ours. Après les avoir cajolé comme il se doit, leur ration d’amour est quotidienne, je pris mon faiseur d’images, et commençais à fureter par-ci, par-là, cherchant l’aventure oculaire et sensitive. J’écoutais mon cœur et je cherchais la sensualité qui se dégageait du minéral, du végétal. L’odeur, le bruit, les senteurs n’en finissaient pas l’ignition entre le corps et l’esprit. Faction des sens. J’embrassai la nature et ses merveilles comme un forçat épris de liberté, ne pouvant que rêver sa vie. Moi, je la vivais dans l’amplitude toutes excursions étendues. La retraite spirituelle prenait une dimension à laquelle je ne m’étais pas préparée, et m’éblouissait chaque jour davantage. Redécouvrir le vrai sens de la vie, ne plus se contenter du luxe et du confort de la vie moderne, mais revenir dans un passé, là où rien n’a bougé, rien n’a changé, pas une parcelle. La pérennité avait donc ses fractions. Les couleurs que m’offrait la réserve naturelle n’en finissaient jamais de m’enchanter. Je jouais avec l’eau, le vent, les nuages, je m’épanchais sur une simple goutte d’eau, m’éternisais sur les reflets magiques que vous renvoie le ciel lorsqu’il se mire dans l’eau claire et bourdonneuse par le bruit du clapotis, faiseur de bulles sur les ondes. J’étais en condition, celle de voir ce que j’avais occulté durant toutes ces années, où pris dans le tourbillon de la vie, je m’étais égarée. Je courrais après l’infini, et tout l’infini se retrouvait au creux de mes promenades, au clair de mes balades.

    J’écrirai plus tard, lorsque le soleil aura cessé de briller, lorsque le froid retentira avec trop de véhémence, je rentrerai dans la danse des mots, ceux qui réchauffent mon cœur et mon âme.

    L’épisode volontaire d’une vie où tout est une énigme, là où l’on sent que l’on est vivant, profondément en symbiose avec les éléments de la vie campagnarde. J’apercevais au loin la neige caresser les cimes des montagnes, pas si loin que cela. J’aurai aimé être un oiseau, capable de traverser le ciel en quelques secondes pour se poser sur la beauté d’un monde vierge. Là où personne ne s’aventure jamais, là où l’hiver peut se permettre d’exister pleinement. La nature n’a que des droits et nous, le devoir de contribuer à son entière exclamation.

    Ne vivre de rien, se contenter de beaucoup, voilà comme je définirais mon aventure élancée devant les champs et les fougères, les collines qui se déclinent dans un absolu espoir, celui de préserver les derniers espaces sauvages, les derniers bastions  d’une vie dans l’évolution constante et sans âge. 

  • Voyage immobile

    Longue et silencieuse, se dessine dans mon cœur,  une marche céleste. La voie des cieux, la voix des anges. Mon regard indiscret scrute le paysage, cherchant la couleur la plus lumineuse, celle qui fait que l’on s’exclame, oh ! Que le regard surprenne la tempête des couleurs chatoyantes que nous décline la nature! Lorsque la journée se termine, mes yeux révisent ce qui fut durant le jour, ce qui fuse pendant que le soleil étincelle, je suis la proie heureuse des petits bonheurs voguant sur les flots interstellaires de tableaux imaginaires. 

    Contemplative à l’extrême, lentement je fais défiler le carnet à emblèmes, celui sur lequel je voyage, dès que la lumière fuse, je suis la muse fictive de ce pays qui chaque jour me sourit. Les offrandes de Dieu dont je m’abreuve sont la plus belle des épreuves, celles d’un instant passant par-là. Le temps passe et laisse sa trace, à chaque coin de paradis, mes yeux sont des pupilles éclatées que le souffle du vent fait pleurer de bonheur, larmoyer de froid. Tous les angles de vue sont une histoire qui prend vie dès qu'on l'a raconte.

    Quand aux aguets, je traque ce que la nature a de plus beau, des herbes folles sont autant de dignités aux teintes exquises dont je suis sous l’emprise, follement émue par le spectacle, le carnaval quotidien des tons aériens. Mon cœur, mon esprit et mon âme sont sous la coupole des cieux, je plonge dans le regard merveilleux et solitaire du temple de la Terre. Muse guerrière, mon sceau est celui d’un peintre puisant dans le paysage le plus beau des éclairages, sans ambages et à perte de vue, mes yeux font naufrage entre de verdoyants pâturages, et des clairrières charnues. 

     

  • Aujourd'hui

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  • Joseph Mallord William Turner 1775-1851

    William Turner est un Romantique. Couleurs mordorées, et  teintes modérées. Ces toiles sont toutes en nuances, en subtilité, dessinées avec un tracé inimitable, rendant le spectacle encore bien plus délicat et vivace. Les orangés, les jaunes, et les dorés sont tout en délicatesse, et pourtant, ils nous sautent au visage comme une photo presque trop surexposée par le soleil, qui cacherait l’essentiel. Le premier plan est au second si j’ose dire,  tout s’enchevêtre dans ses compositions. Tout est ciblé. Il n’existe pas véritablement de premier plan, malgré une perspective certaine, tout se fond dans le paysage, faisant de tous ses tableaux, une aquarelle géante, aux couleurs, à peine exprimées, esquissées dans le mouvement.

      C’est à dix-sept ans qu’il fera sa première exposition. Il sera nommé professeur de perspective, vers vingt ans. Ses toiles semblent être le reflet du miroir des cieux, une patinoire scintillante dont le ciel refléterait ses tons ocre. Peintre de l’éclat, il ravive ce qui nous apparaîtrait comme pale, il a ce don exceptionnel, celui de la structure expressive. 

    Rien n’est jamais uniforme, tout semble avoir été patiné dans un tourbillon, une spirale aux teintes éclairées progressivement. Je crois que là est le génie de Turner. Dépeindre la vie, mais pas une vie fixée dans le temps, une vie qui bat la mesure. Toutes ses peintures pourraient avoir été élaboré aujourd’hui, on nage dans l’intemporel, l’estampille de tous les grands maîtres. 

     

    "L'incendie de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes" 1835

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    "Le navire de guerre "Téméraire" 1838

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