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  • Les romantiques... Léo ferré

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    Ils prenaient la rosée pour du rosé d' Anjou
    Et la lune en quartiers pour Cartier des bijoux
    Les romantiques
    Ils mettaient des tapis sous les pattes du vent
    Ils accrochaient du crêpe aux voiles du printemps
    Les romantiques

    Ils vendaient le Brésil en prenant leur café
    Et mouraient de plaisir pour ouvrir un baiser
    Et regarder dedans briller le verbe "aimer"
    Et le mettre au présent bien qu'il fût au passé

    Ils ont le mal du siècle et l'ont jusqu 'à cent ans
    Autrefois de ce mal, ils mouraient à trente ans
    Les romantiques
    Ils ont le cheveu court et vont chez Dorian Guy
    S'habiller de British ou d'Italiâneries
    Les romantiques

    Ils mettent leurs chevaux dans le camp des Jaguar
    En fauchant leur avoine aux prairies des trottoirs
    Avec des bruits de fers qui n'ont plus de sabots
    Et des hennissements traduits en "stéréo"

    Ils mettaient la Nature au pied de leurs chansons
    Ils mettent leur voiture au pied de leurs maisons
    Les romantiques
    Ils regardaient la nuit dans un chagrin d' enfant
    Ils regardent l'ennui sur un petit écran
    Les romantiques

    Ils recevaient chez eux dans les soirs de misère
    Des gens "vêtus de noir" qu'ils prenaient pour leurs frères
    Aujourd'hui c'est pareil mais, fraternellement
    Ils branchent leur destin aux " abonnés absents.

  • L'irréparable, citations à méditer...

    "L'amour qui naît le plus subitement est le plus long à guérir" La Bruyère

    "8bb36317c4163e2568317c351499e669.jpgLe courage, c'est l'art d'avoir peur sans que cela paraisse" Paul Veron

    "Savoir dissimuler est le savoir des rois" Richelieu

    "Je suis un esprit qui ne peut se satisfaire que de sa perte qui le rapproche enfin de l'infini" Rimbaud

    "Les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus" Proust

    "En art comme en amour, l'instinct suffit." Anatole France

    "Comprendre, c'est pardonner" Madame de Staël

    "Posséder la vérité dans une âme et un corps". Rimbaud

    "Après avoir souffert, il faut souffrir encore; il faut aimer sans cesse, après avoir aimé" Musset , La nuit d'août.

    "Tu trouveras, dans la joie ou la peine,

    Ma triste main pour soutenir la tienne,

    Mon triste coeur pour écouter le tien" Musset

    "L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi." Balzac

    "Devine, si tu peux, et choisis, si tu l'oses." Corneille

    "Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille!" Baudelaire

  • Sollers et les femmes

    33a448859cf4919b57dddf74d1856e65.jpgNietzsche fou de Lou, Aragon fou d’Elsa et Sollers fou des femmes.

    Sollers était déjà né en 1866, lorsque le peintre Gustave Courbet, lui montrant la voie,  peignit  « l’origine du monde »,  Sollers en a eut la primeur. Sans femme, pas de vie, sans vie, pas d’Art, sans art, pas de Sollers.

    Son enfance fut une révélation à propos des femmes. Entouré de celles-ci,  mère , soeurs, domestique, en passant par la tante, et… les autres.  Le dilemme débutait : mère, ou poupée de salon, ou les deux à la fois, Philippe Sollers est un Paradoxe en majuscule. C’est bien connu, et c’est tant mieux, puisqu’il ne saurait y avoir de discussion sans pensées contradictoires, et,  sans discussion,  pas d’évolution possible sur aucun sujet. Donc, ennui  garanti, nihilisme absolu. Anti Sollers.

    Pour nos yeux mi-clos et nos oreilles déserte uses, Sollers est  bien un Joyaux, un fin stratège à propos de la gent féminine, et semble avoir fait plusieurs  fois le tour du labyrinthe infernal du cerveau féminin. De quoi se demander, si, pour atteindre ce niveau de connaissance, il n’eût pas plusieurs vies avec des centaines de conquêtes à son actif.

     Amusons-nous un peu ! Philippe Sollers serait venu au monde au XVIIIème siècle, carrefour d’un libertinage foudroyant, dans la liberté sexuelle d’un  mai 68 avant-gardiste, nimbé dans  ce que l’art a de plus subtil. Epicurien à l’apparence sereine, ce monsieur  semble tout savoir des cinq sens qui nous animent. Ses écrits sont le reflet de sa propre quintessence. Et, entendu que : «L’art est une quintessence de la vie »,  Montherlant, l’amour de la  femme, à la symbolique beauté, prend toute sa forme.

    A cette époque, les fées se penchaient encore sur les berceaux, mais pour Sollers se furent surtout des déesses, dont le mysticisme accélère et anime sa pensée.

    Sans ses muses, (n’oublions pas Venise, dont la féminité ne cesse de l’inspirer),  pas de romans, pas d’essais et encore moins de mémoires.

    Il les aime tant qu’il les déteste presque, de justement tant les aimer ! Rien d’illogique à ce  qu’ils les aiment au pluriel. 

    Une vie divine, extrait  P. 57

    « Il n’y a pas que Ludi dans ma vie, il y a aussi des passions discrètes. Pour l’instant, j’en compte neuf ; cinq consommées, stables et tournantes, quatre en attente. Pas de double vie, mais vie redoublée. Pour les exercices spirituels, Nelly est ma préférée. »

     

     Tout ceci, n’est que le reflet de ses souvenirs d’enfance, nous dirait Freud, clairvoyant.    

    La femme représente la beauté, et Sollers ne peut y résister : tableaux de maîtres, femmes de tête et reines de beauté, le corps et l’esprit fusionnés. Cérébral et esthète devant l’éternel.

    Misogyne? Sollers?!!!

  • Le musée de mon âme

    8ce6dd1640eeb66d5e395b8a3a7b1a5a.jpgAu cœur de mes entrailles subsiste la pérennité homérique

    Cette clameur lyrique de divinités très lacées

    Où quelques dieux et déesses plus vivants que jamais

    Se dressent,  parlant de beauté, par des sculptures enlacées

    Dans le nihilisme déployé d’un temps retardé qui est le nôtre

    Persiste la beauté frugale, le chant et l’espérance  nous escortent, hédoniques

    Séculaires et damnées, dévotes par défaut, femmes sublimées d’érotisme

    Remplissez ma vie de votre divin lyrisme

    Je ferai  de vos desseins des poèmes qui riment.

    "Le beau est toujours bizarre" Baudelaire

  • Extrait de "Femmes" Sollers

    e38c85325abf24021276e70a915bc43b.jpg"Le monde appartient aux femmes.

    c'est-à-dire à la mort.

    Là-dessus, tout le monde ment.

    Lecteur, accroche-toi, ce livre est abrupt. Tu devrais pas t'ennuyer en chemin, remarque. Il y aura des détails, des couleurs, des scènes rapprochées, du méli-mélo, de l'hypnose, de la psychologie, des orgies. J'écris les Mémoires d'un navigateur sans précédent, le révélateur des époques... L'origine dévoilée! Le secret sondé! Le destin radiographié! la prétendue nature démasquée! Le temple des erreurs, des illusions, des tensions, le meurtre enfoui, le fin fond des choses... Je me suis assez amusé et follement ennuyé dans ce cirque, depuis que j'y ai été fabriqué...

    Le monde appatient aux femmes, il n'y a que des femmes, et depuis toujours elles le savent et elles ne le savent pas, elles ne peuvent pas le savoir vraiment, elles le sentent, elles le pressentent, ça s'organise comme ça.

    Les hommes? Ecume, faux dirigeants, faux prêtres, penseurs approximatifs, insectes... gestionnaires abusés.. Muscles trompeurs, énergie substituée, déléguée... Je vais tenter de raconter comment et pourquoi. Si ma main me suit, si mon bras ne tombe pas de lui-même, si je ne meurs pas en cours de route, si j'arrive surtout à me persuader que cette révélation s'adresse à quelqu'un alors que je suis presque sûr qu'elle ne peut atteindre personne..."

  • Hannah Arendt : à l'ombre de Heidegger, source Nouvel Obs août 2007

    Le maître allemand ne la reconnut jamais comme philosophe.

    "Cover-girl", de la "Saturday Review of Literature" à 45 ans, consacrée "femme d'exception" pour les "Origines du totalitarisme" par l'université de Princeton - ce qu'elle regrettait, l'expression lui rappelant cruellement celle de "juif d'expression" -, Hannah Arendt (1906-1975) expérimenta d'abord la difficulté d'être reconnue comme "quelqu'un" devant les descendants de Socrate et d'Aristote. Ces messieurs lui chipotèrent si longtemps le titre de philosophie qu'elle-même n'en voulut plus.

    Quant à Heidegger, son ancien professeur et amant, "je sais qu'il n'a pas supporté que mon nom apparaisse en public, que je pubie des livres, etc..., écrit-elle à karl Jaspers en 1961.Toute ma vie j'ai pour ainsi dire triché avec lui, j'ai toujours fait comme si je ne savais pas compter jusqu'à trois. Et puis j'ai perdu le goût de tricher et j'ai aussitôt pris un coup sur le nez".

    Elle ne nourrit pourtant jamais l'envie d'adhérer à un quelconque mouvement féministe, ni en Allemagne - qu'elle fuit en 1933 - ni aux Etats-Unis à la fin de sa vie. Et en dépit de son image de garçonne à la cigarette, elle trouvait simplement plaisir à être femini generis, (du genre femme). Certes consciente de l'utilité de certaines luttes pour l'émancipation, dénonçant aussi la discrimination économiquue frappant les femmes, elle voyait néanmoins dans ce groupe de revendication à la fois un risque de ghettoïsation pour elles-mêmes et un danger d'homogénéisation de la société.

    Face à l'effondrement du politique, cette maladie de la modernité fait naître les régimes totalitaires, la question  philosophique centrale pour Arendt consiste davantage à comprendre les conditions d'un "monde commun", inscrites dans un véritable dialogue de la pluralité. Dans la "Condition de l'homme moderne", elle pense justement la différence homme-femme, la "petite différence", ainsi que l'appelait l'admirée Rosa Luxemburg, comme la matrice première  et originaire  de cette pluralité. Et, à l'ombre de la Shoah, la théoricienne juive célèbre le "miracle" de la natalié comme promesse d'avenir renouvelé pour le monde. Les femmes des siècles futurs? Les gardiennes de la possibilité même de la vie. Pas de quoi, en effet, déclencher la guerre des sexes.

    Article de Marie Lemonnier

    « C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal »
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    Hannah Arendt

  • "Un vrai roman, Mémoires de Sollers, Rien que du bonheur!

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    > Un vrai roman, Mémoires, rien que du bonheur !
    29 octobre 2007, par VB

    Ph.Sollers nous invite dans sa propre vie, où joignant l’utile à l’agréable sur un air de Bach de préférence, ressuscite les Morts, afin de les rendre plus éloquents qu’ils ne le furent de leur temps, parce qu’incompris ou mal compris. Merci Sollers.

    Ce livre est une ode à la culture générale, une balade, où montent en puissance la douceur et le raffinement d’un « Fondant de mots lissibles » (lisse+lisible= lissible,Sollers dixit) sur un lit d’esthétisme, et tout cela, concocté avec amour et une incroyable dextérité. Ph. Sollers nous transporte de ville en ville, où il expose une architecture sans rature dans une Europe mal connue de par ses monuments. Une muse exilée en Italie trace le fil conducteur, Venise, la favorite ! Chère inspiratrice sollersienne, pour notre plus grand plaisir.

    Denon est bien Vivant. Ph. Sollers, vous seul savez nous réveiller.

    Qu’Ars soit le relais de l’Art, même le plus tard possible sera toujours trop tôt.