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  • La bibliothèque de Ph.Sollers, Extrait de son dernier ouvrage: "Un vrai roman"

    La scène a lieu de nos jours.

    Un type de la radio, pressé, veut que je lui montre ma bibliothèque. "Oh, me dit-il, je n'ai jamais vu autant de livres chez un écrivain ! "Combien de temps avons-nous ?" " Huit minutes."

    Allons-y. Les classiques, donc : Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide, Platon, Aristote. Et puis là, en bas, Pindare, Thucydide, Virgile, la Bible, bien-sûr... "Je vois Sade et Bataille côte à côte", me dit le type allumé. Oui, mais il y aussi Saint-Simon, Bossuet, Pascal, Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Artaud, Nietzsche... Le temps presse : " Et les contemporains? " Ils s'évacuent assez vite." Il y a aussi Balzac, Proust, Joyce, Kafka, Céline... " oui, bon, et les livres d'art?" " Il nous reste combien de temps?" "Trois minutes. "Ecoutez, la peinture chinoise, l'italienne, Manet, Cézanne, Picasso...

    "Et pourquoi La Fontaine, là?" "Perfection rythmique", dis-je; J'ai à peine le temps de lui réciter deux ves de La Fontaine. Il arrête, il s'enfuit, " merci beaucoup".

     

    08dc878bea6a04af338156d3a532de9f.jpgAragon, en parlant de Ph.Sollers : " Faites entrer l'infini "...
  • Que Pluton m'enlève...

    45671f67de0cdcc8f9b5f6d206955e01.jpgQue Pluton m’enlève et me défasse de toutes mes folies

     Lui,  le gardien des enfers à l’amère souffrance, illuminant mes nuits

    En quête d’un Olympe interdit, bien érigé, pas de Maudits en apparence

     Où jaillissent les vers,  la prose prendra son temps pour tenter sa chance

     Car elle n’a ni Dieu, ni Maître comme le dit Léo, ferrant avec élégance les pieds d’un  Baudelaire en errance

    Blafardes  meurtrissures  ne connaîtront pas de demi-mesure, entonne un air qui chantonne et murmure:

    "Tout en excès,  si vous voulez exister dans un surréalisme fortuné de par sa pureté

    Toujours trop, souvent peu, mais jamais assez, là est le Temple de mes secrets"

    Le temps ne passe pas, il est une rafale d’éternité

     Une sublime crucifixion  entre le rien et le vaut-rien

     Au musée de mon âme la tienne a pris mon cœur en panne

     Et là, souveraine et distante, Perséphone se love Juste au creux de ton alcôve.

  • Sur Mesure

    Nos deux cœurs battent la chamade

    Le rythme est effréné

    La pensée jamais ne se divise

    Même quand elle se tait elle est une balade incessante de sentiments forts

    C’est un défilé subtil, ton portrait tout craché, mon esthète adoré

    Une parade contre le mal qui se défile

    Guidée par la passion  qui se profile, irréductible

    Un bouche à bouche à distance

    Comme une touche d’élégance

    Malgré l’incendie de l’absence.